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Histoire de la commune

Période révolutionnaire

Durant la révolution française la paroisse se démarque des positions prises par le bas clergé trégorrois. L’abbé du Largez s’oppose avec énergie, voire avec fureur, comme certains de ses prêches en attestent, à la Constitution Civile du Clergé.

Le serment de fidélité que la Constituante inflige aux membres du clergé de prêter eut pour effet de provoquer un véritable schisme au sein de l’Eglise. Ses membres se partagèrent, entre prêtres jureurs ou assermentés, prêtres non jureurs ou réfractaires. De religieuse au départ, la querelle se transforma en querelle politique. Réfugié à Jersey en 1795, l’Abbé du Largez participa au débarquement de Quiberon. Arrêté, il fut fusillé le 30 juillet de la même année. L’histoire paroissiale continua, tourmentée, avec la présence, à la tête de la paroisse d’un curé assermenté assisté de deux vicaires réfractaires. Plus tard, la loi de Séparation de L’Eglise et de l’Etat mobilisa vivement les paroissiens qui occupèrent les Eglises. Certains participèrent activement aux protestations qui accompagnèrent l’érection de la statue d’Ernest Renan sur le parvis de la cathédrale de Tréguier et à la quête pour l’édification, en contrepoint, d’un calvaire de la Rédemption. Au milieu de toutes ces querelles, on ne peut omettre celle qui tourna autour de la langue, de l’enseignement du breton à l’école, marquée par le port du fameux " symbole " qui affligea nombre d’esprits.

Vie Economique et sociale au 19e et 20e siecle

La vie rurale fut difficile. Elle met vite à bas l’image d’une campagne idyllique, la nostalgie d’un retour à la campagne d’autrefois. L’espérance de vie est faible : de 35 ans alors, elle ne sera que de 37 ans pour les hommes, 43 pour les femmes au début du 20e siècle.

Comme partout, le décalage existe entre les hommes et les femmes. Si l’usage de l’alcool est abusif comme l’atteste " Le Lannionnais Républicain " ou " L’écho de Lannion " (conservateur), la population redoute et subit surtout les années de mauvaises récoltes, les hivers rigoureux, les épidémies : le choléra par exemple, même si lors des grandes épidémies qui ont marqué la période, Pleumeur fut relativement épargnée. Les conditions d’hygiène aussi sont défectueuses. La mort qui touche les femmes en couches, la mortalité infantile sont importantes. Cela justifie la réputation aujourd’hui encore très vivace, de ces remarquables accoucheuses que furent ’Maman Blanc " et sa fille " Millie Blanc "

Crainte de tous les accidents de la vie, tradition oblige, on fait appel aux vertus curatives des eaux des fontaines, des menhirs.....

pour les yeux, la fontaine de St Samson à Keraliès pour la stérilité, le menhir de la chapelle St Samson pour les enfants en retard pour la marche, la fontaine St Sauveur à l’Île Grande.

Si au 19e l’essentiel du territoire communal est profondément marqué par la vie rurale, l’Île Grande voit se développer les deux activités qui ont fait son particularisme : l’une centrée autour de la mer (pêche - marine - contrebande…), l’autre autour du granit. Les esprits sont surtout marqués par la mer, les gwerz* relatent les épisodes douloureux, le tribut que les hommes ont du lui verser (le naufrage du 8 février 1844.....) ou les difficultés de l’existence ( les effets de la réglementation sur la récolte des goémons.....) Quant au travail du granit, s’il ne procura certes pas aux habitants de l’île une existence plus enviable, il en assura la célébrité. Parmi les plus célèbres réalisations : le pont de Morlaix - les Heaux (Phare) de Bréhat - le phare des Triagoz. les pavés du Nord..... Anatole Le Bras célébra " Enez Veur " (l’île des " carriers). Yann Paranthoen "le Tailleur de Sons", lui consacra sur France-Culture, une de ses plus belles émissions " le Temps des Seigneurs ".

1936 vit la mobilisation des carriers. Au bout de 5 semaines de grève, ils se virent octroyer un petit 10 centimes d’augmentation.

Période contemporaine

Le 20e (principalement la seconde moitié) verra péricliter toutes les activités qui ont fait longtemps la vie et l’histoire des pleumeurois.

Mais la construction du Radôme, l’édification de nouvelles antennes, l’arrivée dans le Trégor de nouvelles technologies ont modifié les activités pratiquées par les habitants, la sociologie de la population. Le planétarium, le village gaulois, la LPO marquent son intérêt inlassable pour les questions de notre planète.

L’aventure humaine continue. Pleumeur parcourt le Temps.

Des hommes illustres s’y sont attardés, l’ont célébrée dans leurs œuvres = Joseph Conrad (une rue de l’Île Grande porte son nom), Anatole Le Bras, Charles Le Goffic, Félix Le Dantec, Maurice Le Lannou, pour n’en citer que quelques uns.

Pour vous permettre d’assouvir éventuellement votre curiosité, quelques ouvrages à consulter :

Pleumeur-Bodou = chronique d’une commune trégorroise entre l’Ancien Régime et la révolution spatiale. Par Yannick Lageat et Yvon Garlan Pleuveur Gwechall = cartes postales anciennes de Pleumeur-Bodou, commission du patrimoine (en vente à l’Office de Tourisme) Saint Samson et Arthur-roi, par Daniel Giraudon et Louis Lemoine (en vente à l’Office de Tourisme) Un bleu de Bretagne, par Maurice Le Lannou.

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